J'ai la flemme d'avoir envie


Salut les Cocos !

Lors d’une soirée Podcast en non-mixité femmes (cis et trans) dans un bar parisien, une vingtaines de femmes dont moi s’étaient réunies pour enregistrer un épisode sur “le sexe est-ce que j’aime vraiment ça ou pas ?”

L’intention était de parler sans tabou de pénétration.

Une auditrice prend la parole spontanément sur la difficulté d’en avoir envie au milieu de son planning serré : “J’ai la flemme de me stimuler intellectuellement pour penser à un truc qui m’excite parce que sinon je vais être sèche. Je pense déjà au lendemain, aux inconforts intimes que je peux avoir…”

Elle n’avait pas perdu le désir.
Elle avait perdu l’énergie de le convoquer.

Parce qu’avoir envie, ça demande du travail. Se mettre dans l’ambiance, anticiper les problèmes potentiels, gérer la pression de ne pas paraître coincée, penser à l’hygiène de l’autre, à la sienne.
Tout ça avant même de commencer.

À un moment, la flemme l’emporte.

Ce n’est pas de la frigidité. Ce n’est pas un problème de couple. C’est l’épuisement de performer même quand personne ne regarde.

Dans mes ateliers on pratique des exercices qui invoquent du slow sex : C’est l’art de revenir à la lenteur.

Lent ne veut pas dire ennui, bien au contraire…
Plus c’est lent, plus le désir monte, la frustration éveille les sens, et le slow sex propose quelque chose de radical :

arrêter de convoquer le désir depuis la tête.
Et apprendre à le laisser venir depuis le corps.

Dans cette superletter, je te partage mes connaissances sur ce sujet, si tu veux réagir ou partager les tiennes il te suffit de “répondre à” :

Slow Sex - Comment être vraiment présente dans son corps pendant l’amour ?

Es-tu vraiment présente quand tu fais l’amour ?

Ou es-tu en train de te demander si tu jouis de façon sexy, si ton ventre est plat dans cette position, si tu vas jouir assez vite pour ne pas le faire attendre, ou jouir tout court !

Si tu as hésité avant de répondre, cet article est pour TOI.

L’injonction de performance chez la femme

Souvent étouffé par son confrère la performance de la masculinité toxique, se cache plus insidieusement sous les draps l’anxiété de performance féminine, dont on parle peu car elle est inconfortable à admettre.

Beaucoup d’entre nous ont vécu des dizaines, parfois des centaines de rapports sexuels en étant…

ailleurs.

Lors d’une soirée Podcast en non-mixité femmes (cis et trans) dans un bar parisien, avec mon invitée Noémie de Lattre, une vingtaines de femmes dont moi s’étaient réunies pour enregistrer un épisode sur “le sexe est-ce que j’aime vraiment ça ou pas ?”

L’intention était de parler sans tabou de pénétration.

Une auditrice prend la parole spontanément sur la difficulté d’en avoir envie au milieu de son planning serré.

Elle racontait son rapport à la pénétration.

Elle savait qu’elle aimait ça mais les conditions pour y arriver lui pesaient de plus en plus :

Il lui fallait d’abord se stimuler mentalement pour être suffisamment excitée, anticiper les éventuels inconforts intimes du lendemain, vérifier l’hygiène de l’autre, gérer la pression de ne pas paraître coincée.

Alors à force elle n’aimait plus pénétration : “J’ai la flemme de me stimuler intellectuellement pour penser à un truc qui m’excite parce que sinon je vais être sèche. Je pense déjà au lendemain, aux inconforts intimes que je peux avoir…”

Elle ne faisait pas l’amour.
Elle gérait une liste de problèmes potentiels, pendant que son corps était là, présent physiquement, mais son esprit ailleurs

- dans le futur, dans le jugement, dans la logistique.

Dans le même épisode Noémie Delattre, actrice et autrice, raconte que pendant des années, elle entrait dans une relation sexuelle sans jamais se demander si elle en avait envie.

Elle pensait à sa performance, à plaire, à satisfaire.

Elle avait du plaisir parfois, mais c’était, je cite “un dommage collatéral” sans penser une seule seconde à son propre plaisir.

“Je pensais à ce que j’allais devoir accomplir, ce que j’allais devoir faire, est-ce que j’allais le faire bien, est-ce que j’allais plaire, est-ce que j’allais satisfaire, est-ce que j’allais être au bon endroit, est-ce que je suis assez mince, assez épilée…”

Le corps est là, il est à fond même, mais la conscience est ailleurs, occupée à évaluer, anticiper, performer.

Notre cerveau est un saboteur du plaisir

Dès que l’on commence à penser, que ce soit à sa performance, au regard de l’autre, à ce qui viendra après

- on quitte son corps.

On monte dans sa tête.
Et depuis là-haut, on ne sent plus rien, ou presque.

Aux listes de courses et la charge mentale des enfants se rajoutent des complexes liées à l’orgasme : “Est-ce que je prends trop de temps ? Est-ce que je suis normale de ne pas encore jouir ?”

Une alternative pour favoriser la pleine conscience pendant l’acte est la pratique du slow sex.

Le slow sex c’est le terme à la mode qui reprends les bienfaits des courants hindouistes, bouddhistes, taoïstes, tantriques qui définissent la sexualité par une approche consciente et délibérée de l’acte sexuel.
Un focus sur l’instant présent, une intention mise sur la pleine attention avec pleine intention.

Ici pas d’objectif de performance ou de course à l’orgasme, la pénétration n’est pas au centre de l’acte sexuel, elle peut même en être complètement absente.
L’importance est axée sur la connexion intime, l’exploration des sens et le plaisir partagé.

Le slow sex n’est pas qu’une invitation au plaisir.

C’est aussi une pratique qui peut aider concrètement les personnes qui vivent des difficultés sexuelles
- dysfonction érectile, anorgasmie, douleurs pendant l’acte.

La majorité de ces difficultés ont une racine commune :

l’anxiété de performance.

On est tellement focalisé·e sur le résultat

- jouir, faire jouir, tenir, ne pas décevoir
- que le corps se bloque,

car il ne peut pas être à la fois en mode survie et en mode plaisir.

J’ai vécu l’expérience avec un partenaire qui se disait éjaculateur précoce.
Après avoir passé une phase de plusieurs mois à ne pas aborder le sujet, car je pensais que je me devais d’accepter et prendre sur moi, j’ai fini par pointer l’éléphant au milieu de la pièce et lui poser des questions sur sa vision de la sexualité, comment il se voyait la pratiquer et échanger sur les approches et techniques qu’il avait déjà essayé ou non.

Au fil de l’échange, mon partenaire a réalisé qu’il n’avait essayé de faire l’amour en conscience, qu’il avait un regard très performatif sur la sexualité et la nécessité de me faire jouir, de peur de perdre la relation.

Je l’ai rassuré en ce sens, et ce soir là quand nous avons fait l’amour cela a duré plus de quarante minutes.

En réalité qu’importe la durée, ce que je retiens de cette anecdote c’est l’importance de parler des blocages émotionnels liés au physique, de la communication ouverte et libre qui est nécessaire pour l’épanouissement du couple, et de l’importance de sortir des injonctions de la société qui nous enferment dans des cases et définissent notre identité.

Le slow sex retire la pression du résultat.

Quand l’orgasme n’est plus l’objectif, quand la pénétration n’est plus obligatoire, quand on revient simplement à ce qu’on ressent maintenant

- le corps peut enfin se détendre.

Et c’est souvent dans cet espace de détente que le plaisir, et parfois les fonctions sexuelles, se réapprennent progressivement.

Et quand on ne sait pas par où commencer, rien de mieux que de simplement ralentir.

Le slow sex et le mouvement sex positif

Le slow sex s’inscrit dans un mouvement plus large : le sex positif.

Les deux partagent la même philosophie de base

- une sexualité vécue sans honte, sans performance, sans jugement, centrée sur le consentement et le plaisir de chacun·e.

Dans les ateliers sex positif, il y a une invitation qui revient à aller au rythme de la personne la plus lente.
Parce que nous n’avons pas les mêmes manières d’exprimer nos envies, de cultiver l’enthousiasme, ni de lâcher prise.
Et vouloir aller plus vite que son propre rythme ou celui de l’autre, c’est déjà sortir de sa présence.

Une des pratiques concrètes qu’on y retrouve :
avant de commencer, demander à son ou sa partenaire de quoi il ou elle a envie.

Puis lui demander d’évaluer son niveau d’enthousiasme sur une échelle de 1 à 10.
Pas pour noter la performance, mais pour créer un espace de parole où les envies réelles ont le droit d’exister.

Un 6 n’est pas un oui enthousiaste.
Et un oui qui n’est pas enthousiaste n’est pas vraiment un oui.

C’est aussi ça, le slow sex : s’autoriser à vérifier où on en est, soi et l’autre, avant de se laisser emporter par la mécanique automatique du désir.

Le slow sex est un état d’esprit, pas une technique sexuelle

Je ne suis pas fan du terme slow sex d’ailleurs, tout simplement car il enferme l’injonction de sexualité à l’intérieur du terme en lui-même, alors que les pratiques ancestrales enseignent une attention portée sur l’énergie du moment, à la pleine conscience, et cela peut se faire en mangeant une pomme, lors d’une discussion avec un·e proche, une méditation ou tout autre moment de la journée.

C’est avant tout une philosophie :
celle de ralentir suffisamment pour sentir.

Sentir ses organes se toucher.
Sentir la chaleur, la pression, le mouvement.
Sentir son propre corps répondre, s’ouvrir, se contracter.
Sentir l’autre vivre à l’intérieur de soi.

Le slow sex pendant l’acte pénétratif

Après une longue conversation avec mon partenaire sur ces exercices de respiration et de présence corporelle que je vais vous partager, ce soir-là quand nous avons fait l’amour, quelque chose de différent s’est installé.

J’étais davantage connectée à mon bassin.
Je ne me faisais pas pénétrer

- nous faisions l’amour ensemble,

et ma part dans ce moment était aussi importante que la sienne.
Je pouvais sentir ses veines toucher ma paroi.
Je le sentais vivre à l’intérieur de moi, se mouvoir avec une grande douceur.

C’est ça, le slow sex.
Pas ralentir pour ralentir.
Ralentir pour enfin sentir.

Exercice pratique en duo pendant l’acte pénétratif

Le slow sex s’apprend. Voici par où commencer.

LA RESPIRATION SYNCHRONISÉE
Lors de votre prochaine relation sexuelle, essayez ceci :
Quand votre partenaire vous pénètre, inspirez.
Quand il se retire, expirez.

Laissez-le faire de même en miroir
- il expire en entrant, il inspire en se retirant.

Vous n’avez pas besoin de vous concerter longuement. Commencez, et laissez le rythme s’installer naturellement entre vous.

Vous allez sentir quelque chose changer assez vite.
Le rythme ralentit.
La connexion s’intensifie.
Le plaisir change de texture, il devient plus profond, plus diffus, moins localisé.

LA CONTRACTION DU PÉRINÉ
En synchronie avec cette respiration, ajoutez une légère contraction du périnée à l’inspiration.
Relâchez à l’expiration.
Ce n’est pas un effort musculaire

- c’est une invitation à habiter cette partie de votre corps qui, souvent, reste endormie pendant l’acte sexuel.

Quand l’homme expire il entre, quand il inspire il se retire, la femme fait le miroir.

Cette contraction crée quelque chose de remarquable : elle vous rend actrice de ce qui se passe à l’intérieur de vous.

Vous ne subissez plus.
Vous participez, vous ressentez, vous co-créez.

Au-delà de la sexualité : habiter son corps au quotidien

Cette déconnexion entre ton esprit et ton corps ne se limite pas à la sexualité.

Seulement nous avons appris à vivre dans nos têtes.
Constamment en train de planifier, ruminer, anticiper, analyser.

Jamais vraiment .

Le slow-sex, c’est appliquer à la sexualité ce que le slow-food fait pour l’alimentation : ralentir, savourer, être pleinement présent·e.

Et quand tu seras face à un moment intime

– sexuel ou non –

tu seras déjà entraîné·e à être présent·e.

Tu sauras reconnaître ce que ton corps te dit vraiment.
Tu ne confondras plus un besoin d’affection et un désir sexuel.

Parce que tu les ressentiras différemment, physiquement, dans tes tripes.

C’est ça, l’intimité authentique :
être pleinement présent·e à soi pour pouvoir être pleinement présent·e à l’autre.

Ton corps sait.

D’ici là, on se retrouve aussi…

À LYON

• 07/05 – Apéro Sexpo 19h - 21h
• 11/05 - Atelier Connexion et Consentement 19h - 22h30
• 12/05 - Aprems Douces “Bulle aquatique et massage” 19h-23h
• 15/05 - Atelier Connexion et Consentement 19h - 22h30

À PARIS (pour les aventurier·es du TGV 🚄)

07/05 - Apéro Sexpo 19h - 21h
• 11/05 - Groupe de parole Hommes 19h - 22h30
• 12/05 - Aprem Jeux lll “Radical Bisous” 18h30 - 23h30
• 16/05 - Aprems Douces ll “Éveil Sensoriel” 13h30 - 18h30
• 18/05 - Cycle 100% féminin 19h - 22h30

À TOULOUSE (pour les aventurier.es de la chocolatine 🍫)

• 07/05 - Apéro Sexpo 19h-21h
• 23/05 – Éveil Sensoriel I : Tendresse et Consentement 14h-17h
• 23/05 – Secstatic II : Danse, Sensualité, Connexion 20h-23h55
• 24/05 – Aprem Jeux III 15h-20h

À BORDEAUX

• 30/04 - Apéro Sexpo 19h - 21h

🌞 DANS LE SUD, à 1h de Montpellier et Toulouse :
28/05 → 31/05 – Retraite Désirs d’Aventure (débutant·es et confirmé·es accepté·es)

Toutes les dates sont à retrouver sur coletteseconfesse.fr/evenements

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Colette se Confesse

Ma newsletter a pour but de vous inciter à réfléchir, à agir et à développer une plus grande confiance et une meilleur communication dans toutes vos relations.

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Une petite pause pour désapprendre (et mieux s'explorer). Hello ! Je lance un nouveau format : les Newsletters Pédagogiques 🤓Imaginez un retour à l’école, mais sans les mauvaises notes et avec une liberté totale. Ici, le seul programme, c’est votre curiosité.On va parler de sexualité sans filtre et avec une franchise totale. On laisse les manuels poussiéreux de côté pour décortiquer ensemble les tabous, les doutes et tout ce qui nous empêche d'être sereins.C’est sérieux sur le fond, mais...

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Gros plan d’un dos nu avec une main posée sur l’épaule, peau lisse et lumineuse, concept de soin du corps et bien-être.

Salut, c’est Colette ! Régulièrement, je te propose de découvrir le parcours authentique d’une personne de la communauté. Aujourd’hui, c’est Nila (iel) qui nous fait le plaisir de partager ses ressentis avec ce très joli récit ✨ 36 ans, en couple depuis 10 ans et en couple libre depuis peu, Nila est en pleine phase de réalisation personnelle. Il revoit un ami cher à ses yeux qui, lui, a déjà bien cheminé au travers d’expériences enrichissantes pour explorer la « relation authentique ». Nila...