Apprendre à tenir le cadre (épisode 2/3 formation)


Salut, c’est Colette !

Régulièrement, je te propose de découvrir le parcours authentique d’une personne de la communauté. Aujourd’hui, je laisse la parole à Pauline, une participante de la promo 2 de la Facilitation à l'Intime.

Dans cette épisode 2/3, Pauline, journaliste et autrice, raconte son expérience au sein de la formation Facilitation de l’Intime de Colette se Confesse. Un récit de l’intérieur, entre exploration personnelle, apprentissage du cadre, consentement et transmission.

Tendrement,
Colette


💌 Vis ma vie de facilitatrice à l'intime (2/3) : apprendre à tenir le cadre de l'événement

Armée d'un carnet acheté pour l'occasion, de stylos et de stabilos, j'ai comme un goût de rentrée des classes.

Pas si courant en avril, certes.

Et pourtant, c'est exactement le sentiment que j'ai en me rendant à la ​Maison Faitout​, un tiers-lieu niché le long de la Petite Ceinture parisienne, pour le premier jour de formation en présentiel.

En arrivant, un constat me frappe : je ne connais pas autant de personnes que je le pensais.

Le cadre de la Maison Faitout joue beaucoup pour nous mettre à l'aise. Arrivé·es le matin, nous sommes les seul·es occupant·es, en dehors de l'équipe sur place, de cette maison chaleureuse qui donne tout de suite envie de ralentir.

Dans ma promotion, certains visages se reconnaissent, croisés dans les événements de Colette ou sur de micro-portraits WhatsApp. Mais au final, je n'ai pas tant parlé à Pierre-Benoît, Oniros, Federica, Arnaud, Aurélie, Rachel et Marine.

Je sais juste que nous sommes toustes réuni·es dans un seul but : faire réfléchir et pratiquer autour d'une intimité plus consciente.

Une première immersion dans les bases du sexpositif

Parce qu'on n'échappe pas aux règles du sexpo, même en formation, la journée s'ouvre évidemment sur un cercle de parole.

Tout le monde est invité·e à parler de sa vie, d'où iel vient. Je me rends vite compte que la diversité des parcours, plutôt que les différences, constitue une richesse. Chacun·e de ces participant·es cherche surtout à remettre du sens dans son activité.

Après ce vrai moment d'échange, idéal pour s'ancrer en tant que groupe et se rencontrer, vient la théorie.

Face au tableau Velleda, Colette se transforme en prof, tout en nous invitant à prendre la parole sur nos ressentis, ce avec quoi nous sommes d'accord ou non, dans un fonctionnement horizontal.

Avant d'animer des espaces d'intimité, il faut comprendre sur quelles valeurs ils reposent.

Nous commençons donc par évoquer les dix grands piliers du mouvement sexpositif, pour les cancres au fond de la classe : l'inclusivité, le consentement, le non-jugement, l'autonomie, le plaisir, la remise en question des normes, l'intersectionnalité, la diversité des corps, la santé et l'éducation.

Nous abordons aussi l'histoire du mouvement, de ses racines thérapeutiques dans les années 1930 aux luttes pour les droits sexuels dans les décennies suivantes, puis son développement contemporain.

Et tout un tas de concepts, que je vous invite à découvrir en participant à la formation. (😉)

Un apport essentiel, car comprendre d'où viennent ces pratiques permet aussi de comprendre ce qu'elles cherchent à transformer chez les participant·es.

Personnellement, j'ai particulièrement apprécié la partie concernant les risques auxquels on s'expose en tant que facilitateur·ice.

Si on parle souvent de la liberté que permettent les espaces sexpositifs, on évoque moins la responsabilité qu'ils impliquent.

Faciliter l'intime revient à travailler avec des émotions puissantes, des personnes en état de vulnérabilité et parfois des traumatismes.

Dans ces cas-là, la posture du·de la facilitateur·ice peut créer du pouvoir, même involontairement. Elle peut aussi réactiver le·a facilitateur·ice dans ses propres blessures.

Nous posons donc de nombreuses questions durant la formation, et j'apprécie qu'elles soient abordées avec autant de sérieux.

Apprendre aussi à distance

Sur ce premier week-end, nous découvrons plusieurs outils pédagogiques utilisés dans le milieu sexpositif ainsi que différentes manières d'explorer la communication et les relations. Ce sont des outils pour éduquer, mais aussi pour créer des exercices de facilitation.

Et comme le corps reste au centre de ces apprentissages, nous alternons régulièrement entre théorie et pratique, avec de l'ancrage, des mises en situation, des expérimentations et des jeux utilisés lors d'événements.

Autant d'occasions de ressentir ce que nous apprenons plutôt que de simplement l'intellectualiser.

Le mois suivant, une autre partie de la formation se déroule en ligne.

Je l'appréhendais beaucoup, car j'ai souvent du mal avec les formations à distance et je craignais de perdre la richesse des rencontres physiques.

Finalement, tout est pensé pour rendre l'expérience fluide.

Nous approfondissons des aspects plus organisationnels : apprendre à gérer les outils numériques, la billetterie, les ressources disponibles ou encore les coulisses de la préparation d'événements.

Durant cette session, je découvre aussi à quel point le cadre influence notre capacité à apprendre : pendant ces sessions, je suis hébergée chez des ami·es qui s'occupent de moi en me faisant à manger. Je peux aussi aller marcher entre deux modules, me lever lorsque j'en ressens le besoin ou simplement changer de position, grâce au cadre assez libre instauré par Colette. Le corps n'est pas contraint à rester immobile pendant des heures, ce qui nous rend, je pense, bien plus présent·es aux exercices.

Le grand saut : la pratique à Toulouse

Si la théorie est indispensable, la facilitation reste un savoir-faire qui s'acquiert surtout sur le terrain. C'est un aspect que Colette met en avant en nous incitant à nous renseigner sur les autres collectifs sexpo existants, à participer à des événements et à l'assister durant notre formation. Depuis un an, je rejoins régulièrement des événements en tant que participante.

Mais cette fois, il faut passer de l'autre côté du miroir pour assister Colette lors d'un week-end de découvertes.

Fin mai, direction Toulouse.

Avec Colette et Aurélie, Fanny à l'organisation, Dj Dulcine à la musique et Marine en stage, nous partons animer trois événements en un week-end.

Un programme intense, doublé pour moi d'un aller-retour Paris-Toulouse en trois jours, avec peu de sommeil et un peu de logistique.

Sur place, nous animons trois niveaux d'événements différents.

Le premier, un rendez-vous Éveil Sensoriel de niveau 1, permet d'amener les participant·es à ralentir et à prendre le temps de ressentir ce qu'iels désirent vraiment.

Les exercices autour du consentement, du don et de la réception créent rapidement des émotions fortes. Dans la chaleur de la salle, les interactions se multiplient, ce qui nécessite beaucoup d'observation et de support émotionnel.

J'ai été profondément touchée de voir certaines personnes arriver avec beaucoup de retenue, puis s'autoriser progressivement à expérimenter avec des gens qu'iels ne connaissaient pas.

Portée par le set de DJ Dulcine, la soirée Secstatic propose une exploration libre du mouvement, sur une guidance de Colette ayant pour thème un voyage au départ d'une fusée, dans la galaxie.

Les participant·es sont invité·es à embarquer dans un voyage collectif, comme un décollage vers un autre espace de perception, où la danse et le mouvement fluide deviennent une manière de se connecter aux autres.

Voir plusieurs personnes présentes l'après-midi revenir le soir était particulièrement émouvant, d'autant qu'elles arrivaient souvent avec une confiance nouvelle dans le groupe.

Après le rangement, le débriefing, et quand même quelques heures de sommeil, nous préparons déjà le troisième événement.

Durant cette aprèm jeux "Radicale Gourmandise", l'invitation est à la découverte enthousiaste de l'intimité, autour de jeux la privation sensorielle à l'aide de bandeaux.

Nous installons aussi une exploration autour de la nourriture, sur le plaisir d'en donner ou d'en recevoir, comme pour les marques de sensualité, puis un temps libre allant jusqu'à la sexualité.

Il était intéressant de voir que ces participant·es n'avaient pas exactement les mêmes références, les mêmes rythmes ou les mêmes façons d'entrer dans les propositions.

Observer ces nuances est extrêmement enrichissant lorsque l'on se forme à la facilitation.

Les candidatures sont en cours pour la prochaine promotion

Si ce récit te donne envie d'apprendre à créer, tenir et faciliter des espaces d'intimité avec plus de conscience, les candidatures pour la prochaine promo de Facilitation à l'Intime sont ouvertes.

Dates de la prochaine promo :
26 et 27 septembre 2026 (présentiel à Paris)
24 et 25 octobre 2026 (visio)
7 et 8 novembre 2026 (présentiel à Paris)
11 décembre 2026 (visio)

Découvrir la formation et candidater :
https://www.billetweb.fr/formation-facilitateur-ice-sexpositif

La sélection des candidats est actuellement en cours, elle se fait par entretien téléphonique avec Colette après dépôt de candidature.

Tu ne veux plus recevoir d'e-mails de ma part ? Clique ici pour modifier tes préférences et ici pour te désinscrire.

Et pour me contacter, appuie sur "répondre" !

Colette se Confesse

Ma newsletter a pour but de vous inciter à réfléchir, à agir et à développer une plus grande confiance et une meilleur communication dans toutes vos relations.

Read more from Colette se Confesse
Gros plan en contre-plongée d'un couple assis l'un contre l'autre dans une posture intimiste.

As-tu déjà dit oui au sexe alors qu'en vérité, tu recherchais surtout de l'affection ? Après un atelier que j’animais, une participante de 36 ans est venue me voir, émue, pour me confier :"c'est la première fois de ma vie que je ressens le toucher d'un homme qui avait simplement envie de me faire du bien, et que ça s'arrête là, sans passage à l'acte."Dans les accompagnements que je propose, cette confusion entre besoin d'affection et désir sexuel revient très souvent. Elle révèle quelque...

Image intimiste mettant l'accent sur le grain de la peau et le mouvement d'une main, baignée dans une lumière douce et dorée.

Salut, c’est Colette ! Régulièrement, je te partage les récits intimes de celles et ceux qui traversent, questionnent et réinventent leur rapport au corps et au désir. Aujourd’hui, Paloma nous confie un moment charnière de sa vie : à 50 ans, après une rupture et les bouleversements de la ménopause, elle entame une métamorphose profonde.Entre désillusion, prise de conscience et réappropriation de soi, son témoignage trace les premières cartes d’un nouveau chemin, plus libre et plus conscient....

Formation facilitation sex positif pour animer des événements développement personnel

Salut, c’est Colette ! Régulièrement, je te propose de découvrir le parcours authentique d’une personne de la communauté. Aujourd’hui, je laisse la parole à Pauline, une participante de la promo 2 de la Facilitation à l'Intime. Dans cette série en trois épisodes, Pauline, journaliste et autrice, raconte son expérience au sein de la formation Facilitation de l’Intime de Colette se Confesse. Un récit de l’intérieur, entre exploration personnelle, apprentissage du cadre, consentement et...