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As-tu déjà dit oui au sexe alors qu'en vérité, tu recherchais surtout de l'affection ?
Après un atelier que j’animais, une participante de 36 ans est venue me voir, émue, pour me confier : "c'est la première fois de ma vie que je ressens le toucher d'un homme qui avait simplement envie de me faire du bien, et que ça s'arrête là, sans passage à l'acte." Dans les accompagnements que je propose, cette confusion entre besoin d'affection et désir sexuel revient très souvent. Elle révèle quelque chose de la manière dont nous avons appris à concevoir l'intimité.
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Quand l'Église a fusionné sexe et amour
Dans la tradition catholique, la relation d'amour par excellence est scellée par l'acte sexuel. L'union et la procréation y sont indissociables. Certain·es d’entre nous ont grandi avec l’idée que SEXE = AMOUR. Cette croyance culturelle transmet que le sexe est la principale porte d'entrée vers l'intimité. Alors, quand un besoin d'affection, de connexion ou de reconnaissance émotionnelle apparaît, il arrive qu’on propose du sexe à la place. Parce qu’on ne sait pas toujours comment accéder autrement à l’intimité.
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En quoi c'est un problème de lier les deux ?
Quand sexe et amour sont fusionnés, plusieurs effets peuvent apparaître :
- Des attentes affectives démesurées
Si le sexe est perçu comme l’expression ultime de l’amour, alors chaque refus sexuel peut être vécu comme un rejet affectif. “Si tu m’aimais vraiment, tu voudrais faire l’amour avec moi.”
- Une sexualité normée et sacralisée
Quand l’amour et le sexe sont indissociables, il existe souvent une idée implicite de “bonne manière” de faire l’amour. Cela peut rendre plus difficile l’expression de certains désirs ou fantasmes. Par exemple, comment demander à être dominé·e si le sexe doit rester avant tout un acte d’amour tendre ?
- Des frustrations sexuelles dans la durée
Dans de nombreux couples, j’observe un paradoxe : plus l’engagement affectif grandit, plus la sécurité émotionnelle augmente… et plus le désir peut diminuer.
La sexualité peut alors se transformer en espace très sécurisé, parfois trop. Toujours les mêmes gestes, les mêmes rythmes. Même lorsque l’envie d’explorer est présente et consentie, la peur de “déstabiliser” ce qui est perçu comme sacré peut freiner. Certain·es client·es me partagent parfois le contraste entre des relations sans lendemain très intenses, où ils se sentent pleinement dans leur animalité, et leur sexualité de couple devenue plus encadrée, plus prévisible.
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Quand on reproduit les schémas d'enfance
Dans une relation adulte saine, chacun est responsable de ses besoins et les exprime directement. Mais dans ma pratique, j’observe souvent que certaines dynamiques anciennes se rejouent, où l’on se met inconsciemment en position d’enfant ou de parent vis-à-vis de son ou sa partenaire. Quand on “fait l’enfant” pour obtenir de l’affection : - On boude jusqu’à ce qu’il ou elle propose un câlin - On fait des avances sexuelles alors qu’on veut juste être rassuré·e - On attend que l’autre devine ce dont on a besoin
Quand on “fait le parent” pour contrôler : - On critique l’autre pour qu’il ou elle “prouve” son amour ensuite - On descend le ou la partenaire puis on attend qu’il ou elle se rattrape
Dans ces deux cas, on ne communique pas notre besoin d’affection de façon directe. On rejoue des patterns qui nous ont appris que l’amour se négocie de façon détournée, que nos besoins d’affection et de tendresse ne sont pas légitimes.
La semaine prochaine, je te donne les 3 signaux corporels pour faire la différence entre besoin d'affection et désir sexuel. À très vite, Colette 💋
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