💌 Léna en Aprem Douce - "Touch and Play"
TOUT EST CHAOS... ET SI ON JOUAIT ?
Il y a des semaines comme ça, on se sent submergée, isolée avec des problèmes pas forcément insurmontables, une actualité qui désespère chaque jour un peu plus et une énorme lassitude qui monte.
Quand j’ai vu qu’il y avait des désistements pour une aprèm douce ce samedi-là, j’ai sauté sur l’occasion.
J’ai participé à plusieurs événements organisés par Colette, pas non plus mille, mais disons que je suis moins effrayée maintenant à l’idée de m’enfermer dans une salle de yoga un samedi après-midi ensoleillé pour des activités mystérieuses avec des inconnus.
Et puis aussi…
Touch and play / Playfight ?
J’ai des visions qui oscillent entre l’effleurage de peau et la clé de bras, le tapis d’éveil et le match de catch.
Et puis est-ce vraiment le moment de jouer alors qu’autour tout est si sérieux ?
Ben oui, justement.
AGRANDIR SON TERRAIN DE JEU
Certains participants étaient venus en couple, ou entre potes dans une sorte de double date, bonne idée.
Dans le cercle de paroles je comprends que pour beaucoup, c’est le premier événement de ce type. Je me souviens de ma trouille absolue au début, mais aussi de la joie d’agrandir le terrain de jeux de son propre corps, et y inclure d’autres personnes.
C’est bien ce que je leur souhaite.
Le premier jeu c’est pour s’entrainer à dire non. Même pour jouer, même si c’est la règle, moi j’ai toujours du mal.
Mais à chaque fois je constate que je suis loin d’être la seule dans cette team, et quelque part ça fait du bien d’arrêter de s’en vouloir… et de continuer à apprendre par le jeu ce que la vie ne nous a parfois pas très bien enseigné…
Quand on se met en mouvement, guidé.e.s par la voix douce de la facilitatrice, je ressens dans les regards tellement d’émotions différentes : appréhension, évitement, malaise, curiosité, complicité immédiate, rire parfois.
C’est toujours un mystère, est-ce que les connexions vont se faire ?
TOUCH AND PLAY... AND FIGHT !
Face à face des corps, en duo, premiers contacts épaules contre épaule, on se rencontre à peine qu’on se pousse.
Une épaule de fer en quelque sorte, on essaie de faire reculer l’autre.
Et on défie plusieurs « adversaires ».
Moi j’ai envie d’y aller en force mais elle, elle est toute en douceur, en timidité. Alors je m’adapte, et c’est une petite danse où je cherche à guider son épaule vers le haut, vers le bas, à l’inviter à me pousser plus fort, sans un mot juste avec mon épaule qui cède du terrain.
Avec lui par contre, on y va en force… et j’ai aucune chance !
Il me sort du tapis, la deuxième fois je résiste de toutes mes forces
(même si j’ai un peu envie… d’être plaquée au sol en fait !).
À la fin de la session la température est montée d’un cran, les réserves et les t-shirts tombent.
Les jeux peuvent commencer.
La facilitateur·ice a installé un espace sur les tapis, des masques pour se bander les yeux, des rubans, des balles.
D’un seul coup on est transportés au centre aéré, tous autour de notre ring, à proposer des règles farfelues :
se lier un pied, sortir un ruban d’une chaussette les yeux fermés, se pousser en disant des noms de fruits.
Des jeux à deux, à quatre, à plus, des règles qui évoluent en cours de route. Une participantes propose un jeu de regard, d’approche et de connexion, c’est un moment suspendu avec son adversaire qui devient sous nos yeux un partage d’une sensualité folle dont tout le monde sort hyper troublé.
Pendant quelques heures on bouge et percute nos corps pour jouer avec application, implication et légèreté.
Ça vient chercher ce besoin primaire qu’on ressent enfant quand sonne l’heure de la récré. Il y a des surprise, des chutes, des éclats de rire, beaucoup de connexion et de chaleur.
Et une vraie alchimie de groupe, un précipité de légèreté.
Si bien que le temps d’après on voulait plus se quitter, on s’est mis à se grimper dessus.
Il a bien voulu que je me suis allongée complètement sur lui.
Et elle, elle a demandé si elle pouvait se rajouter à l’empilement.
J’ai fini par l’avoir mon plaquage au sol.
Autour de nous d’autres sandwich humains se sont formés…
Vers la fin du jour, j’étais dans des bras d’une infinie douceur, mes doigts plongés dans ses cheveux, d’autres mains me caressaient et m’entouraient, réconfortée jusqu’à l’âme.
Léna
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